Pour les agents habitant en grande et petite couronne de l’Île-de-France, l’été 2026 s’annonce avec des conditions de travail aussi dégradées que l’an passé, qu’il s’agisse des probables températures caniculaires que des travaux programmés dans les transports en commun.

Perturbations sérieuses dans les transports en commun en Île-de-France en juillet et août 2026
Comme chaque année, au moment des congés d’été, les travaux de modernisation programmés par Île-de-France Mobilités impactent les conditions de transport des agents du ministère habitant en petite et grande couronne avec des allongements de temps de parcours ainsi que des suppressions de trains à la dernière minute.
Cette année, les lignes 4, 5, 8, 12 et 13 du métro, les RER A, B, C, D, E (du 9 juillet au 26 août – variable selon les lignes) et les transiliens H, K et P connaîtront des travaux importants. Les tramways T1 et T2 seront également en chantier jusqu’à la fin août.
Le détail de ces travaux et de leur calendrier sont disponibles sur : https://www.iledefrance-mobilites.fr/travaux
Ces contraintes particulières liées aux travaux d’été se cumulent également avec les réductions « normales » de fréquence de rames en raison des congés, entraînant le plus souvent une surfréquentation aux heures d’arrivée et départ des bureaux.
La CFDT-Agriculture avait saisi le SRH du ministère le 12 mai 2026 (à consulter en fin d’article) pour lui faire part de ces perturbations annoncées afin de mieux les anticiper, mais ce courrier est demeuré sans réponse à ce jour.
Tirer les leçons de la canicule printanière pour mieux anticiper celle ou celles de l’été
L’épisode de canicule qu’a connu la France entre le jeudi 21 et le samedi 30 mai 2026 (soit 7 journées de travail) n’a donné lieu pour les agents du ministère affectés en administration centrale qu’à un flash info RH en date du 27 mai à 19h02, autorisant le recours au télétravail exceptionnel et à un élargissement des horaires de travail.
Si effectivement Paris et la petite Couronne ne sont passés en vigilance orange qu’à compter du 28 mai (soit pour une durée de deux jours sur les 7 ouvrés de la période caniculaire), la CFDT-Agriculture estime que ces préconisations auraient dû être déclenchées sans attendre le 27 mai, sachant que la plupart des agents n’en ont pris connaissance qu’une fois sur leur lieu de travail le jeudi 29 mai au matin…
Ce retard pris à déclencher des mesures de protection des agents est d’autant plus incompréhensible que d’autres ministères ont réagi bien avant le 27 mai et que les agents du ministère affectés dans les DDI ont pu profiter des mêmes aménagements décidés par leurs préfets et SGCD respectifs…. mais beaucoup plus tôt.
Ce retard à réagir de la part du ministère s’explique d’autant moins que les organisations syndicales, à l’occasion du groupe de travail relatif au temps de travail en administration centrale du 13 mars 2026, avaient précisément demandé davantage de réactivité en cas de canicule, soit 9 semaines avant celle du printemps.
Face à ces problématiques, il existe des solutions ….
Dans le courrier adressé au SRH le 12 mai dernier, la CFDT-Agriculture a demandé à l’administration pour la période estivale :
- D’accorder plus facilement et plus tôt (sans attendre le seuil de vigilance orange) du télétravail exceptionnel (comme prévu à l’alinéa 4 du point 1.3 de la note de service SG/SRH/SDDPRS/2022-363 de mai 2022) ;
- De pouvoir déplacer le ou les jours de télétravail fixes (ce qui a été accordé en juillet 2025 par la DSS) ;
- De mettre en place les horaires élargis, notamment pour les agents habitant en grande et petite couronne et dont le temps d’un trajet (en période normale) est d’au moins une heure.
Notre organisation veillera à ce que ces annonces se fassent le plus en amont possible pour que tous les agents puissent en bénéficier et organiser leur activité professionnelle en conséquence.
Nous demanderons également une concertation avec les autres ministères (et notamment celui de l’intérieur) pour garantir que les agents du ministère en administration centrale aient le même traitement que ceux affectés à la DRIAAF ou dans les DDI d’Île-de-France.
Enfin, est-il utile de rappeler que s’agissant du télétravail exceptionnel en cas de circonstances exceptionnelles, le décret n°2016-151 du 11 février 2016, mais aussi l’article 13 de l’accord cadre relatif à la mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique du 13 juillet 2021 et celui du ministère en date du 24 février 2022 permettent d’y avoir recours.
Désormais le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur applicable depuis le 1er juillet 2025, considère que le ministère en tant qu’employeur fait prendre un risque en ne prenant pas les mesures adéquates parmi lesquelles figurent le TT exceptionnel, pour préserver la santé de ses agents en cas de fortes chaleurs.
Il serait souhaitable que le ministère anticipe davantage ces évènements exceptionnels et que dans le cadre des instances de dialogue social, il puisse être convenu d’un meilleur cadrage du déclenchement des mesures permettant d’y faire face. La CFDT-Agriculture ne manquera pas d’en faire un véritable sujet de concertation et de signaler que ce sujet fait aussi partie de l’attractivité du ministère.



