Espace Adhérent

Évolutions statutaires pour les attachés, mais quid des autres A- ?

Le 12 juin 2026Publié par : Rédaction CFDT-Agriculture

 

Présentée comme une rénovation des parcours de carrière des attachés d’administration de l’État (AAE), deux textes ont été récemment publiés au Journal officiel afin de modifier le statut de ces fonctionnaires.

Pour mémoire, ce corps qui compte 39.000 agents est devenu en 2012 un corps interministériel à gestion ministérielle, l’objectif affiché à l’époque par la fonction publique étant de fluidifier et enrichir les parcours professionnels des agents via des mobilités facilitées entre ministères.

Les constats de la DGAFP

Le vieillissement du corps, des défauts d’attractivité sur de nombreux métiers, une concurrence accrue des agents contractuels, autant d’éléments avancés aujourd’hui par la direction générale de la fonction publique (DGAFP) dans son dernier bilan de la gestion de ce corps présenté début 2026.

Élément souligné également très intéressant, bien que ce soit loin d’être une révélation, la mise en place de la haute fonction publique a créé un « décrochage » des salaires des attachés comme de ceux des autres corps de catégorie A par rapport à ceux des administrateurs de l’État (AE). Ce constat pouvait à notre sens être largement anticipé dès 2022-2023 dès lors que la réforme de la haute fonction publique (AE et emplois de direction de l’État) était initiée.

La comparaison de ces deux corps (AAE et AE) effectuée par la DGAFP semble éminemment pertinente. En effet, la réforme de la haute fonction publique a permis aux AE de voir leur traitement indiciaire et indemnitaire progresser fortement, sans compter la progressivité des passages d’échelon permettant un gain indiciaire fréquent (plus de 120 échelons, avec un passage d’échelon entre un an et dix-huit mois). A cela s’ajoute une convergence indemnitaire entre ministères qui a amplifié les gains des AE.

On ne peut cependant pas le reprocher aux décideurs de cette réforme dispendieuse car il est bien connu que « charité bien ordonnée commence par soi-même », malheureusement pour les corps techniques qui ont été traités après la bataille (y a-t-il un IPEF dans la salle ?), voire superbement ignorés (y a-t-il un ISPV dans la salle ?)… il y a encore à faire.

La mise en place d’une gouvernance centralisée

Considérant que les pratiques de management sont trop disparates d’un ministère à l’autre, la DGAFP a décidé la création d’une instance de pilotage interministérielle : le collège du corps des attachés d’administration de l’État.

Placé sous la présidence de la DGAFP, ce collège se réunira au moins deux fois par an. Il regroupera les secrétaires généraux des ministères, la DGAFP, la direction du Budget, le groupe des Instituts du service public, la Cour des comptes, le Conseil d’État et la Caisse des dépôts, devra harmoniser la gestion globale du corps, participera ainsi à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, veillera à la cohérence des rémunérations et émettra des recommandations sur les lignes directrices de gestion (LDG) des ministères relatives aux promotions.

Des changements pour l’accès au grade sommital du corps, mais…

La possibilité d’accéder au troisième grade du corps repose actuellement sur l’obligation d’avoir occupé des postes spécifiques fixés par décret. Or la cartographie de ces postes n’est pas harmonisée entre ministères.

A partir du 1er janvier prochain, les modalités d’accès au grade d’AAE hors classe permettront aux agents n’ayant pas eu la possibilité d’exercer des postes comptant pour l’avancement de grade d’être éligibles à l’avancement dès lors qu’ils auront exercé au moins huit ans dans le grade d’attaché principal.

L’évolution des taux de promotion dès 2027

Un taux de promotion sera désormais applicable pour l’ensemble des grades du corps :

Le décret statutaire prévoit également la possibilité pour les ministères d’appliquer des taux dérogatoires selon leurs besoins spécifiques ou leur démographie.

Quid des autres corps de catégorie A

La DGAFP indique que des travaux similaires sont en cours pour décliner ces mesures dans les deux autres versants de la fonction publique. Mais d’autres corps de catégorie A de la fonction publique d’État devraient être concernés par ces évolutions statutaires.

Si le MAASA compte 891 attachés, on peut également y dénombrer 1.564 ingénieurs de l’agriculture et de l’environnement (IAE) et 498 ingénieurs de la filière « formation recherche », pour ne citer qu’eux.

> Textes à consulter :

  • Décret n° 2026-388 du 19 mai 2026 modifiant le statut particulier du corps interministériel des AAE ICI
  • Arrêté du 19 mai 2026 fixant la composition et les modalités de fonctionnement du collège ICI
  • Arrêté du 19 mai 2026 fixant les taux de promotion au grade AAHC ICI