« Cet été est catastrophique pour les agriculteurs. »
Le constat dressé par notre ministre de l’agriculture, Annie Genevard, le 13 août sur RTL est sans ambiguïté. Sécheresse, canicule, incendies, difficultés dans l’élevage, le maraîchage ou les grandes cultures : face à l’urgence, la ministre a annoncé une mobilisation rapide de l’État avec de nouveaux dispositifs de soutien.
Dans le cadre de ces annonces, la CFDT-Agriculture partage un principe : lorsqu’une crise frappe les agriculteurs et les filières, l’État doit effectivement répondre présent.
Si ce principe est partagé, il manque trop souvent quelqu’un dans le récit de cette mobilisation : les agents qui la rendent possible !
Une décision politique ne peut pas s’appliquer toute seule
Aussi, quand la ministre demande par exemple aux préfets d’évaluer rapidement les conséquences de la sécheresse, quand une cellule nationale est activée, quand des dispositifs d’aide doivent être construits puis déployés, ce n’est ni la ministre, ni les préfets qui mettent en oeuvre. Derrière chaque annonce il faut mobiliser les agents du ministère pour agir.
Il faut recueillir les remontées du terrain, analyser les situations, répondre aux professionnels, instruire les dossiers, adapter les procédures, sécuriser juridiquement les décisions, gérer les outils informatiques, effectuer les contrôles nécessaires et verser les aides…
Ce travail mobilise l’administration centrale, les services déconcentrés et, selon les dispositifs, les opérateurs du ministère qui peuvent être également concernés.
FranceAgriMer en fournit actuellement un bel exemple concret : le guichet exceptionnel d’aide à l’achat d’engrais annoncé par la ministre repose sur une plateforme gérée par l’établissement.
Les annonces passent. La charge de travail « normale » reste dans les services, la crise ajoute de la charge…
Des crises qui deviennent la nouvelle normalité
Crises sanitaires, aléas climatiques, incendies, tensions économiques, épizooties, difficultés de certaines filières… les crises se suivent.
Les agents du ministère et de ses opérateurs savent répondre à l’urgence. Ils l’ont déjà démontré à de multiples reprises.
Mais une administration ne peut pas fonctionner durablement sur la seule capacité des personnels à absorber toujours une crise supplémentaire.
Lorsque la ministre explique qu’il faut désormais adapter notre agriculture à des épisodes climatiques plus fréquents et plus intenses, la CFDT-Agriculture estime que la même réflexion doit être menée pour son ministère.
Si les crises deviennent structurelles, les moyens pour y répondre doivent eux aussi devenir structurels.
Il ne suffit plus de créer une cellule, de désigner des référents ou de demander des remontées rapides. Il faut s’interroger sur les effectifs disponibles, les compétences nécessaires, les charges déjà supportées par les équipes et la capacité réelle des services et des opérateurs à absorber de nouvelles missions.
La CFDT-Agriculture demande que les agents soient vraiment intégrés à l’équation
Pour la CFDT-Agriculture, chaque nouveau plan de crise ou dispositif exceptionnel doivent désormais s’accompagner d’une véritable évaluation de leurs conséquences sur les personnels. L’adéquation missions/moyens est une réflexion qui doit se faire à chaque crise comme l’a déjà évoqué la CFDT-Agriculture.

Parmi les questions :
- Quels services vont être mobilisés ?
- Combien d’agents seront nécessaires ?
- Quelle charge supplémentaire sera générée ?
- Quels délais leur seront imposés ?
- Quels moyens supplémentaires seront attribués ? Ou quelles missions seront reportées ?
- Comment seront reconnues les sujétions exceptionnelles lorsque la mobilisation dépasse le fonctionnement normal du service ?
Ces questions doivent être posées avant que les équipes ne soient placées devant le fait accompli.
Soutenir les agriculteurs est indispensable. Donner aux agents les moyens de le faire correctement l’est tout autant.
La CFDT-Agriculture continuera donc à regarder derrière chaque annonce ministérielle une question très concrète : qui va faire le travail, avec quels moyens et dans quelles conditions ?
Parce qu’une politique publique ne vaut pas seulement par ce qui est annoncé, elle vaut aussi et surtout par les moyens donnés aux agents pour la mettre en œuvre.


Image mise en avant générée par IA.



