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Budget 2027 du ministère de l’Agriculture : ce que la CFDT-Agriculture peut retenir de la présentation de l’administration

Le 16 octobre 2026Publié par : Rédaction CFDT-Agriculture

La secrétaire générale a convoqué le 1er octobre 2026 les membres du CSA ministériel pour présenter les grandes lignes du projet de loi de finances (PLF) concernant le MAASA. Une deuxième réunion s’est tenue le 7 octobre afin de continuer les échanges.

L’administration a présenté aux organisations syndicales les principales orientations du projet de budget 2027, qui devront être débattues au Parlement, voire « enrichies » comme l’anticipe la secrétaire générale.

Ce budget s’inscrit évidemment dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques. Il prévoit le maintien ou le renforcement de certains financements, notamment pour l’enseignement agricole, la forêt et les opérateurs. Il comporte également des réductions d’effectifs dans plusieurs services et ne prévoit aucune nouvelle mesure salariale générale ou catégorielle (une « année blanche »).

Effectifs : des suppressions dans les services et des créations ciblées

L’administration annonce une réduction globale de 0,3 % du plafond d’emplois du ministère, hors opérateurs. Le plafond passe de 30.200 ETPT (LFI 2026) à 30.095 ETPT (PLF 2027), soit -105 ETPT. Le schéma d’emplois du ministère s’établit à -84 ETP : 0 pour le programme 142, +46 pour le 143, -100 pour le 206 (sous condition) et -30 pour le 215. La variation du plafond intègre aussi des transferts et des mesures de périmètre qui ne sont pas des créations ou suppressions de postes, notamment -116 ETPT (Equivalent Temps Plein Travaillé) liés à la décentralisation des mesures non surfaciques du deuxième pilier de la PAC et +88 ETPT d’AESH et d’AED désormais pris en charge sur les crédits de personnel du ministère.

Programme 215 : 30 emplois supprimés (40 suppressions, 10 créations)

Le programme 215, qui porte notamment les moyens de l’administration centrale et des services déconcentrés, contribuera encore à la réduction des effectifs. Son plafond d’emplois passe de 6.430 à 6.282 ETPT (-148 ETPT), dont -116 ETPT au titre de la décentralisation de la PAC. Depuis 2020, le plafond de ce programme aura baissé de près de 9%.

L’administration a détaillé les mouvements suivants :

  • Suppression de 15 ETP (Equivalent Temps Plein) en administration centrale hors services du numérique (SNUM) ;
  • Suppression de 25 ETP dans les DRAAF ;
  • Création de 10 ETP attribués au SNUM (la secrétaire générale indique prévoir de recruter des agents pour internaliser des tâches aujourd’hui assurées par des prestataires extérieurs et par la même de contribuer à l’indépendance informatique du ministère et renforcer la sécurité numérique).

L’administration a précisé que les services centraux avaient déjà supporté à eux seuls les réductions d’effectifs des deux années précédentes. La secrétaire générale a indiqué que la répartition de l’effort en administration centrale n’était pas encore arrêtée, et que celle des 25 ETP entre les 13 DRAAF faisait l’objet de discussions en cours (voir ci-dessous).

Les organisations syndicales ont dénoncé la baisse continue des effectifs du programme 215 et ses effets sur les services « support », en particulier les ressources humaines. La secrétaire générale a réponduque la charge de travail respective des services est prise en compte dans la répartition des réductions et que le ministère investit dans l’allègement de cette charge : signature électronique pour les recrutements des agents contractuels, dématérialisation du dossier de l’agent, fluidification de la chaîne RH.

Concernant la crainte que les DRAAF voient leurs missions diminuer et que celles-ci soient confiées à des « partenaires » externes, la secrétaire générale a répondu que les effectifs des DRAAF n’ont pas baissé depuis de nombreuses années et ont même augmenté en 2024 (un ETP supplémentaire par DRAAF au titre de la planification écologique). L’effort demandé en 2027 représenterait donc en moyenne moins de 2 ETP par DRAAF (25 ETP pour 13 DRAAF, soit environ 2% des effectifs), le chiffre variant d’une région à l’autre selon la taille et l’évolution des missions ; une part très significative des effectifs des DRAAF relevant par ailleurs du programme 206. Pour l’administration, cet effort ne justifie donc pas une priorisation nationale des missions des DRAAF. Un pré-cadrage a été adressé par la délégation au pilotage et à la transformation (DPT) en vue du dialogue de gestion technique, prévu d’ici la fin du mois d’octobre. La répartition en administration centrale n’est pas encore arrêtée.

Les DDT annoncées comme préservées

La secrétaire générale a indiqué que les DDT seraient préservées des réductions annoncées. Cette orientation répond à la volonté de la ministre de maintenir des moyens au plus près des usagers, notamment des exploitants agricoles.

Les DRAAF et l’administration centrale supporteront donc l’effort annoncé sur le programme 215.

Numérique et cybersécurité

Interrogée sur le financement des investissements de cybersécurité (double authentification par exemple), l’administration a indiqué que les crédits hors titre 2 du programme 215 baissent, mais essentiellement du fait du report de dépenses de projets immobiliers (décalage de calendrier). En revanche, les crédits consacrés au numérique augmentent, notamment pour la cybersécurité : les investissements nécessaires pourront donc être réalisés sur le budget du ministère. À ce stade, aucun crédit de la DINUM (direction interministérielle du numérique) n’est prévu en soutien aux ministères. La DINUM doit par ailleurs évoluer en agence (projet de décret en préparation). Seuls les travaux interministériels par nature, comme la sécurisation du réseau interministériel de l’État, sont financés au niveau interministériel. La situation des opérateurs qui ont leurs propres systèmes d’information (notamment l’ASP) n’a pas été détaillée.

Programme 206 : 100 suppressions d’emplois envisagées, sous condition

Le projet de budget repose sur l’hypothèse d’une mise en œuvre à la mi-année 2027 d’un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, dans le cadre du « Reset Brexit ». Selon la DGAL, l’hypothèse du second semestre 2027 est celle de Bercy. Le sommet UE–Royaume-Uni qui devait acter ce « Reset » en juillet a été reporté après un changement de gouvernement au Royaume-Uni et vient d’être annoncé pour le 20 novembre prochain.

Sur cette hypothèse, les documents budgétaires prévoient la suppression de 100 emplois pour l’année 2027 sur le programme 206, consacré à la sécurité et à la qualité sanitaires de l’alimentation.

Cette notion de 100 ETP (Equivalent Temps Plein) sur l’année 2027 et la notion d’ETPT (Equivalent Temps Plein Travaillé) évoquée par la secrétaire générale dans ses propos mériteront une attention toute particulière. Dans le document budgétaire, le plafond d’emplois du programme 206 passe de 5.080 à 4.992 ETPT (-88 ETPT) : -75 ETPT au titre du schéma d’emplois, déjà intégrés au plafond, et -13 ETPT de transfert vers le programme 215 pour le nouveau schéma directeur numérique du SIAL.

L’administration a toutefois insisté sur le caractère strictement conditionnel de cette mesure : les suppressions sont liées à la mise en œuvre effective d’un accord permettant l’allègement des contrôles. Autrement dit, les effectifs du programme 206 resteraient identiques (hors transfert de 13 ETPT vers le programme 215) sans « Reset Brexit ».

Les organisations syndicales ont relevé que les tableaux budgétaires font apparaître -113 ETP, et non -100, pour le programme 206 (soit, selon cette lecture, les 100 ETP du schéma d’emplois auxquels s’ajoutent les 13 ETP de transfert). La DGAL a expliqué que ces 13 ETP correspondent à un renfort temporaire, sur deux ans, de ses équipes informatiques afin que les outils sortent plus vite et soient plus ergonomiques. Ces emplois, discutés avec les DRAAF, sont « empruntés » pour deux ans et doivent leur revenir ensuite : il conviendra d’obtenir des garanties précises sur ce retour.

La DGAL a confirmé qu’aucune autre structure que celles concernées par ces contrôles n’était visée. Aucune répartition des 100 emplois par service ou par point de contrôle frontalier n’a été communiquée dans cette présentation. Cette question a été reposée lors de la réunion suivante. La DGAL a répondu qu’elle ne peut pas fournir de cartographie précise, car cela dépend de la date de mise en œuvre, de la décision prise (arrêt de tous les contrôles d’un coup ou d’une partie seulement) et des retours de la Commission européenne et de l’accord conclu avec le Royaume-Uni.

Les ETP libérés par le « reset Brexit » sont estimés par la DGAL à environ 100, ce qui correspond à la projection du PLF 2027 mais pas au-delà : la DGAL ne peut pas s’engager sur la position de Bercy, ce qui signifie qu’aucune garantie n’a été donnée contre de nouvelles réductions en 2028 ou 2029. Des organisations syndicales ont par ailleurs rappelé que les nouvelles missions arrivées sur le programme 206 depuis dix ans (Brexit, transfert d’activités de la DGCCRF, contrôles délégués) devaient s’accompagner d’environ 700 emplois, alors que la hausse constatée depuis 2017 n’en représenterait qu’environ la moitié. La DGAL a répondu que 700 était une estimation initiale très haute pour le Brexit, ensuite affinée à 350 : il ne s’agit pas d’un retrait d’emplois.

Contrôles en « remise directe » : 30,3 M€ pour les délégataires

Le budget prévoit 30,3 M€ pour les délégataires de contrôle en « remise directe » (à ne pas confondre avec les quelque 18 M€ des vétérinaires « sentinelles »). La DGAL explique qu’il s’agit de couvrir et de recalibrer des dépenses mal calibrées au départ, le dispositif étant désormais éprouvé.

Plusieurs organisations syndicales ont critiqué cette enveloppe, très contestée localement, et demandé son détail et sa traçabilité. Elles ont souligné la charge que fait peser sur les agents l’encadrement des délégataires (second contrôle, supervision, formation). Des données seront présentées au CSA alimentation et une mission d’évaluation a été lancée par le CGAAER. Lors de la réunion du 7 octobre, la DGAL a indiqué attendre le rapport de la mission du CGAAER pour voir comment adapter le dispositif de délégation à l’issue de la période en cours. Une organisation syndicale a suggéré d’étudier, à l’issue de cette période, un contrôle par des organismes tiers aux frais des entreprises à chiffre d’affaires élevé (avec contrôles allégés pour celles qui s’y inscrivent), afin que le coût ne repose pas sur l’État ; des contrôles officiels resteraient nécessaires.

Moyens des services, priorisation des missions et brigade de contrôle

Des organisations syndicales ont alerté sur le sous-effectif et la souffrance au travail dans les services. La DGAL indique que les dialogues de gestion avec les services déconcentrés n’ont pas encore eu lieu et qu’ils seront recentrés sur les priorités et les particularités des territoires. Un travail sur les « inducteurs de charge » doit être opérationnel en 2028 ; la DGAL a indiqué y travailler avec chacune de ses sous-directions métiers afin d’adapter son modèle d’allocation des moyens à la réalité du terrain. La secrétaire générale rappelle que la répartition entre régions se fait à enveloppe fermée.

Quant à la brigade de contrôle des produits importés annoncée en janvier dernier par la ministre, la DGAL indique que l’on est encore « très en amont » de sa mise en place. Sa forme reste à définir et aucun moyen supplémentaire n’a été discuté à ce stade.

Des organisations syndicales ont cité des notes de service de directions départementales indiquant que certaines activités (l’exportation, par exemple) ne sont « pas considérées comme prioritaires » et que les fréquences d’inspection prévues au niveau national peuvent ne pas être tenues faute de moyens. Elles y voient une priorisation déjà à l’œuvre, avec des risques psychosociaux, juridiques et de formation pour les agents. Elles ont aussi demandé comment la responsabilité individuelle et collective de la chaîne de commandement serait protégée, et souhaité une analyse du service juridique.

La DGAL décrit une démarche de « dialogue franc » avec les services déconcentrés, sans doctrine figée : il s’agit de faire émerger collectivement des priorités territoriales (missions à moindre échelle, à abandonner ou à organiser autrement), dans un « changement de paradigme » du dialogue de gestion. Elle rappelle que les contrôles à l’import doivent être réalisés à 100 % (seul le délai peut se poser, et doit être expliqué aux entreprises), alors qu’une approche adaptée aux territoires est possible lorsque l’exigence réglementaire relève de l’analyse de risque. La provision de renfort pour les crises (la « part des anges ») a été largement réduite en 2027 pour coller aux besoins remontés par les services. La secrétaire générale a reconnu que la question de la chaîne de commandement doit être regardée de près, mais estime qu’elle a du sens surtout là où existe une obligation de contrôle avec un impact potentiel sur la santé publique ou sur le versement d’une aide européenne, et se pose mission par mission.

Des organisations syndicales ont enfin appelé l’attention sur de nouvelles crises sanitaires qui accroîtront les besoins de contrôle (PFAS, cadmium des engrais phosphatés). La DGAL a indiqué que le programme 206 réalise des contrôles annuels sur les PFAS dans le cadre d’un plan interministériel, en lien avec le ministère de la transition écologique, le sujet comportant encore de nombreuses inconnues.

Enseignement agricole : des crédits en progression et 46 emplois supplémentaires

L’enseignement agricole constitue l’une des priorités affichées du projet de budget.

Enseignement technique agricole – programme 143

L’administration annonce notamment les chiffres suivants :

  • 614 millions d’euros en crédits de paiement annoncés en séance ;
  • 45 millions d’euros supplémentaires par rapport à l’année précédente, selon les chiffres communiqués oralement ;
  • 46 emplois supplémentaires pour accompagner l’augmentation du nombre d’apprenants et la réforme du recrutement des enseignants au niveau de la licence dès la session 2027 : 15 ETP pour la hausse du nombre d’apprenants et 31 ETP pour financer la réforme du recrutement (étudiants très majoritairement futurs enseignants du public). La répartition public/privé des moyens d’enseignement reste faite au prorata des élèves.

L’administration indique que la progression des crédits doit également améliorer l’accompagnement des élèves en situation de handicap, avec 2,3 millions d’euros supplémentaires. La DGER reconnaît qu’il s’agit de commencer à rattraper une sous-dotation et que la ligne devra peut-être être abondée en gestion. Pour les assistants d’éducation (AED), le PLF en l’état ne prévoit pas d’augmentation mais le sujet pourrait évoluer lors des débats parlementaires.

Des moyens sont également prévus pour poursuivre la reconstruction du lycée agricole de Coconi à Mayotte, fortement endommagé par le cyclone Chido.

Enseignement supérieur et recherche – programme 142

La dotation est maintenue à 158 millions d’euros en crédits de paiement.

Les autorisations d’engagement diminuent de 12%. L’administration explique cette baisse par un ajustement technique lié aux subventions versées aux établissements privés sous contrat, après des versements exceptionnels l’année précédente.

Elle annonce qu’aucune réduction d’emplois ne s’appliquera au programme 142.

Bachelor agro et restauration étudiante

L’administration a également rappelé que 25 classes de « bachelor agro » ont ouvert à la rentrée 2026 et que les crédits de l’enseignement agricole participent au financement du repas à un euro pour tous les étudiants.

Opérateurs : augmentation globale des crédits, légère diminution des effectifs

L’administration affirme vouloir préserver le soutien financier aux opérateurs du ministère, qu’elle considère comme indispensables à la mise en œuvre des politiques publiques.

Les subventions pour charges de service public et les subventions pour charges d’investissement atteindraient 436 millions d’euros en 2027, contre 422 millions d’euros l’année précédente, soit une progression globale annoncée de 3 % pour les opérateurs de la mission « Agriculture et alimentation ».

Le document budgétaire apporte des précisions :

  • En fonctionnement, les subventions pour charges de service public baissent de 3 M€ (-1%), du fait du schéma d’emplois négatif (-38 ETP) et de la baisse de 5 M€ de la subvention de l’ANSES, compensée par une hausse de 7 M€ du plafond de la taxe affectée (produits phytosanitaires et médicaments vétérinaires) ;
  • Cette baisse est atténuée par +1,9 M€ pour l’INAO (soutenabilité) et +1 M€ pour l’ASP (modernisation des systèmes d’information) ;
  • En investissement, +17 M€ pour l’ASP, en grande partie pour le système d’information GAÏA, et +4,4 M€ pour l’opération du bâtiment ROUX de l’ANSES.

Baisse des effectifs des opérateurs : -0,3 % en moyenne (-0,9% hors opérateurs forestiers) !

Malgré cette progression globale des crédits, les effectifs des opérateurs diminueraient de 0,3% (13.251 → 13.206 ETPT, ONF et CNPF inclus) mais l’effort n’est pas le même entre tous les opérateurs. Pour les seuls opérateurs de la mission « Agriculture et alimentation », la baisse est de 0,9% (4.931 → 4.888 ETPT, soit -43 ETPT), à mettre en regard de la hausse de 3% de leurs crédits. Les opérateurs forestiers, dont le plafond ne baisse que de 2 ETPT (-0,02%), atténuent la moyenne. La CFDT-Agriculture a relevé cet écart en séance et demandé l’évolution opérateur par opérateur ; ce détail figure dans le document budgétaire.

Le schéma d’emplois des opérateurs de la mission « Agriculture et alimentation » atteint -38 ETP en 2027, après -50 ETP en 2026.

Les réductions prévues concernent principalement l’IFCE, l’ASP, l’ANSES, FranceAgriMer et l’INAO.

OpérateurSchéma 2027 (ETP)Plafond 2026 (ETPT)Plafond 2027 (ETPT)
Agence bio01919
ANSES–51 3171 311
ASP–101 7731 760
FranceAgriMer–5959949
IFCE–15590579
INAO–3228225
INFOMA055
ODEADOM04040
Total mission Agriculture et Alimentation–384 9314 888
CNPF–3374372
ONF07 9467 946
Total opérateurs sous tutelle–4113 25113 206

Ces données portent sur les plafonds d’emplois budgétaires et ne renseignent pas sur les effectifs réellement présents ou les éventuels emplois hors plafond.

IFCE : quinze suppressions d’emplois après huit en 2026

Le schéma d’emplois de l’IFCE prévoit -15 ETP en 2027, après -8 ETP en 2026. Le plafond passe de 590 à 579 ETPT. L’effort demandé à l’IFCE est donc très important au regard de ses effectifs et il conviendra de bien voir quelles sont les missions impactées.

Il est indispensable d’obtenir une présentation pluriannuelle des évolutions d’effectifs. Le nombre de postes supprimés ne permet pas à lui seul de mesurer les conséquences sur les différents sites.

La CFDT-Agriculture demande une ventilation des suppressions entre les implantations et les métiers. Elle doit également vérifier si certains départs risquent de se traduire par un transfert de charge vers les agents restant en poste.

ASP : dix suppressions et des besoins numériques importants

L’ASP prévoit -10 ETP en 2027 après -16 ETP en 2026. Le plafond diminue de 13 ETPT pour atteindre 1.760 ETPT.

La réduction des emplois doit être examinée au regard des charges liées au paiement des aides, à la gestion des dispositifs agricoles et à la modernisation des systèmes d’information. Les investissements numériques ne peuvent être considérés comme des gains de productivité acquis avant leur mise en œuvre effective et l’évaluation de leurs résultats.

ANSES : une réduction à examiner au regard des missions sanitaires

L’ANSES prévoit -5 ETP en 2027 après -6 ETP en 2026. Le plafond passe de 1.317 à 1.311 ETPT.

Les besoins liés à la surveillance sanitaire, aux laboratoires, à l’expertise scientifique et aux crises sanitaires imposent une analyse précise des postes concernés.

FranceAgriMer : une succession de réductions d’emplois

FranceAgriMer prévoit -5 ETP en 2027, après -14 ETP en 2026 (et -4 ETP en 2025). Le plafond passe de 959 à 949 ETPT.

La succession de trois exercices de réduction nécessite un bilan des missions, des effectifs et de la charge de travail, au siège comme dans les services territoriaux.

INAO : trois suppressions dans un établissement de taille limitée

L’INAO prévoit –3 ETP en 2027, après –3 ETP en 2026. Le plafond passe de 228 à 225 ETPT.

Dans un établissement de cette taille, la répartition des suppressions entre les métiers et les implantations est déterminante.

Agence bio, INFOMA et ODEADOM : des plafonds stables

Ces trois établissements ne présentent pas de réduction dans leur schéma d’emplois 2027 (après -1 ETP chacun en 2026). Leurs plafonds restent respectivement à 19,5 et 40 ETPT.

Cette stabilité ne permet toutefois pas de conclure à l’absence de difficultés de recrutement ou de moyens insuffisants.

Pour l’Agence bio, il faut examiner les financements disponibles et les perspectives d’évolution des missions.

Pour l’INFOMA, la priorité est de vérifier l’adéquation des capacités de formation aux besoins de recrutement et de formation du ministère, en particulier dans les métiers techniques et sanitaires.

Pour l’ODEADOM, il faut mesurer l’adéquation des effectifs aux dispositifs d’aide et aux besoins spécifiques des territoires ultramarins.

ONF et CNPF : les moyens des opérateurs forestiers

L’ONF dispose d’un plafond stable de 7.946 ETPT, sans suppression annoncée dans le schéma 2027. Le CNPF prévoit –3 ETP et voit son plafond passer de 374 à 372 ETPT. Ces opérateurs sont rattachés au programme 386 « Forêt », relevant de la mission « Écologie, développement et mobilité durable ».

Selon la secrétaire générale, le financement de l’ONF est maintenu à 236 M€. Le document budgétaire mentionne par ailleurs +5 M€ pour l’ONF au titre des missions d’intérêt général, et une subvention du CNPF inchangée.

Pour l’ONF, il faut obtenir les effectifs réellement présents, les vacances de postes et les besoins liés à la prévention des incendies, à la gestion forestière et à l’adaptation au changement climatique.

Pour le CNPF, la localisation des trois suppressions et leurs conséquences sur l’accompagnement des propriétaires forestiers reste une précision à apporter.

Il apparaît que les effectifs du CNPF hors plafond d’emplois seraient relevés de 97 à 110 ETPT, tout en rappelant que le budget contraint de l’an dernier n’avait pas permis de rémunérer tous les contractuels en CDD hors plafond. La DGPE a répondu que le plafond d’emplois du CNPF passe de 374 à 372 ETPT et que les emplois hors plafond sont définis dans le cadre de conventions fléchées, ne sont pas limitatifs et seront estimés au moment du PAP 2027 (sans que les montants alloués soient encore connus), et que l’opérateur a l’obligation de pouvoir, au minimum, payer ses agents.

Rémunérations, formation, santé et sécurité au travail

Ce n’est malheureusement pas une surprise, le PLF 2027 ne prévoit aucune mesure salariale générale ou catégorielle pour les agents de l’État. Cette « année blanche » découle des décisions présentées aux partenaires sociaux de la fonction publique lors du rendez-vous salarial du 8 juillet 2026. L’administration met en avant une priorité donnée aux parcours professionnels (travail interministériel sur la valorisation des avancements et promotions en cours), le recrutement et la formation des techniciens supérieurs du ministère, et la mise en œuvre du plan « Handicap et inclusion ».

L’administration a par ailleurs indiqué que la DGAFP n’a pas encore précisé comment elle conduira le travail interministériel sur la valorisation des avancements et des promotions, tout en parlant d’un « engagement très ferme » pris lors du rendez-vous salarial. Comme souvent dans la fonction publique, l’espoir fait vivre et les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ! A l’annonce que le ministère participera aux groupes de travail de la DGAFP en défendant les spécificités de ses agents et de ses corps, on frémit d’avance. Vu ce qui a été fait sur d’autres chantiers (ISPV/IPEF, la « catégorie active » pour les TSMA, la revalorisation de différentes indemnités), la CFDT-Agriculture est quant à elle très loin d’être rassurée !

Les organisations syndicales ont demandé un calendrier et que les corps spécifiques, parfois dans des impasses de carrière, ne soient pas oubliés. Interrogée sur la revalorisation de milieu de carrière annoncée par l’Éducation nationale pour les enseignants, la secrétaire générale a répondu que l’annonce était récente et que l’administration n’avait pas d’élément à ce stade.

Interrogée sur le dossier des infirmières, la secrétaire générale a indiqué avoir reçu un avis négatif très clair du ministère de l’Éducation nationale sur la mesure demandée, la « porte » étant « complètement fermée ». Le sujet sera évoqué lors du groupe de travail sur l’IFSE et la NBI, afin de partager la façon dont l’administration prévoit de porter le sujet (depuis lors, la date de réunion de ce groupe a été reportée sine die).

Action sociale, santé au travail et formation

  • Action sanitaire et sociale : les dépenses de personnel restent stables à 15,68 M€. Les services déconcentrés bénéficient de +0,67 M€, notamment pour la médecine de prévention (nouvelle convention-cadre avec la MSA, avec l’objectif d’accroître le nombre de visites médicales). Les organisations syndicales ont demandé une visibilité sur les crédits d’action sociale, notamment pour l’ASMA dont la subvention est au mieux stabilisée, ce qui avec l’inflation se traduit par une baisse continue des prestations.
  • Handicap : le 6ème plan « Handi-Cap et inclusion » s’appuie sur la convention conclue avec le FIPHFP pour 2026-2029, avec un cofinancement du ministère et du fonds.
  • Formation continue : le budget 2026 s’est élevé à près de 4,9 M€ (hors 0,3 M€ de rémunération des formateurs internes). Les budgets 2027 ne sont pas encore alloués. Les crédits de formation « métiers » de l’enseignement technique agricole sont transférés du programme 215 vers le programme 143.

Place des agents contractuels : deux missions confiées

Des organisations syndicales ont dénoncé la contractualisation croissante : contrats courts successifs, notamment pour les enquêteurs des services de statistique ; contractuels en abattoir sur des emplois pourtant permanents. Il a été rappelé qu’une question posée en bilatérale au SRH sur le sujet des emplois permanents est restée sans réponse. La secrétaire générale a reconnu l’existence d’un sujet sur la place des agents contractuels au ministère, sur lequel elle a confié deux missions (dont une au CGAAER), et s’est engagée à revenir vers les organisations sur les emplois concernés, leur rémunération et leur progression de carrière. Elle a également rappelé que tous les agents, quel que soit leur statut, sont attachés à la conformité réglementaire et au bien-être animal, tout en convenant que des contrats très courts ne permettent pas de former les agents.

En conclusion… c’est pas la fête à la maison, mais rassurez-vous, c’est partout pareil !

Le PLF 2027 comporte des évolutions très différentes selon les programmes et les établissements. L’enseignement technique bénéficie d’un schéma positif tandis que la sécurité sanitaire (sous condition d’un accord UE–Royaume-Uni), les fonctions de pilotage et plusieurs opérateurs connaissent de nouvelles réductions d’emplois.

La distinction entre ETP et ETPT est essentielle pour comprendre ces évolutions. Elle ne doit cependant pas conduire à minimiser leurs conséquences concrètes : ce sont les effectifs réellement présents, les métiers concernés, la charge de travail et les missions maintenues qui permettront de mesurer les effets du budget.

La CFDT-Agriculture demande donc une transparence complète sur les effectifs et les réorganisations, ainsi que des garanties sur le maintien des missions et la protection des agents.

Le suspense reste entier sur de nombreux points : le détail et le périmètre des 100 emplois « Reset Brexit » du programme 206 ainsi que les garanties au-delà de 2027, la ventilation des suppressions du programme 215 en administration centrale, le périmètre réel du repas à un euro pour les étudiants des lycées agricoles, le détail des crédits liés à la loi d’orientation agricole, les crédits de la formation continue et de l’apprentissage, et un calendrier pour les travaux interministériels sur les carrières.

Pour la CFDT-Agriculture, aucune réduction d’emplois ne doit être mise en œuvre sans une évaluation préalable de ses conséquences sur les services, les personnels et la qualité du service public.